Cerises

Cerises tes lèvres

Attendent le retour

de la moiteur festive

Ah! l’exquise saison !

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Pensées

Quelques violettes
pour toi
en cette fin d’été

Un sourire dessiné
sur mes lèvres
à la vue
d’une éclaircie
dans la brume

Quelques brindilles écrasées
une odeur de bois
porté par le vent automnal
un froid léger qui mord la peau
et donne envie de se serrer
les uns contre les autres

un peu de buée
mes doigts qui dessinent
sans y penser
des formes enfantines

des gouttes d’eau
se transforment en perles
le bruit de la pluie
est une mélodie

je tiens L… dans mes bras et sa chaleur me rappelle
nos étreintes d’antan
je revois
une autre petite fille
le front collé à la fenêtre
pendant que tu chantais :
«C’est la pluie qui tombe …»

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Les mots inutiles

impossible retour

P1020741

néant de joie
dans un sac de paroles
et d’affection feinte
histoire de liens tissés de
manques
manque de mots doux de mots justes et de
silences

J’observe
je ne vois rien
J’attends
J’essaie de ne pas compter
ruminer
ne pas devenir sèche
accumuler
des maux
recenser plutôt
des mots désaccordés

n’être que de légers mots
désenchantés

être au présent
conjuguer
l’oubli

s’accommoder
des déchirures

cicatrices

ornements

Je ne sais plus qui je suis
Ou je sais trop bien qui je suis
Un corps traversé d’aiguilles
un coeur effiloché

l’esprit
ravi
veut
s’extasier

quitter
la matrice

MOTUS

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Jeux infimes

Dés-
Apprends

-range
-mange
expire
tes
décibels
cible
SUR
SURplombe
et
étale
confis
nos tessitures
cette épaisse couche d’ego
ISTHME
entre nos sueurs éparses
les hymnes enlacés
de nos armes mêlées
nos larmes emportées
par la lame
– l’harmonieuse agonie –
de nos enlacements
Nie, renie-les
lacère
les sanglots enracinés
dans mon encre
ancre-moi
au-delà
des lacets que j’ai de toi
trace
Dépossède
moi
de ces cernes sourdes
Soupire
attire le lourd soupirail
du plaisir
hors de nous
soutiens
le dessein
de te céder
suppose
la poisse odeur
du sang
sanglant
ses images sous cutanées
dessine-nous
beau MAGE
GIS
gravis
aggrave
mon envie
de te terrasser
Envole
sans sommation
sans hommage
HOMME
dissous
solutionnes
moi
de toi

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Rythme cyclothymique

Un courant d’air a passé sur ta vie
Un tourbillon
a traversé ton corps
ton ventre devenu matrice
a transformé
la gravité de tes pensées
Délestée de valises trop lourdes
de ces cernes circonvenant
ta préhension

tu pars

Portée par la brise légère
Allégée des désirs extérieurs
Des attractions peu constructives
D’un devenir qui te lie
à une place
désignée d’avance

tu pars

Libre comme un grain de sable
Invisible
Piquée d’idées étoilées
comme un oursin vagabond

tu pars

Eclairée d’une présence nouvelle
à ton corps
à ton histoire

tu pars

cheveux entremêlés
tu pars
pieds nus foulant le sol
tu pars
ton idéal face au chaos
tu pars
pendant la grève d’essence
tu pars
dans les rumeurs de contestation
tu pars
invitée au mariage de ta voisine
tu pars
sans attendre les résultats du bac
tu pars
avec tes sacs à dos
tu pars
cousus d’un patchwork
tu pars
de formes et de couleurs
tu pars
de l’Afrique et des Comores
tu pars
avec ta famille
tu pars
sans regrets
tu pars
épousant la courbe du temps
tu pars

tu ne reviendras plus.

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Le linge

Le linge étendu sur la terrasse
Jamais ne surpasse
l’intimité inimitée de sa place
dans le ballet hagard
que nos gestes quotidiens effacent

Culottes langes et foulards
montrent la vie sans fard
un tour de passe-passe
un oeil inquisiteur en face
révèlent nos petits écarts

Jamais en retard
à moins qu’elle ne trépasse
ma voisine Boueni
vient récolter ses habits épars
nous nous saluons car sans déni
bien qu’un peu lasse et vorace
j’exhibe aussi mes dessous hors du nid !

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Fuyante

Cette terre qui ne t’appartient pas
que tu aimerais apprivoiser
où tu aimerais te reposer
tu y reviendras
terre nourricière
terre promise
terre tombeau de tes illusions déçues

Terre élastique
qui te rejette
et te laisse t’approcher
de loin

Mirage d’harmonie,
le parfum des fleurs
pourpres, ocres et violines
L’azur miroitant,
turquoise
La pureté des paysages
et l’exotisme
niais

ne peuvent effacer de ta mémoire
ce que tu as vu
au détour d’une rue
où tu t’étais perdue

des hommes courant dans le noir
s’enfuyant tout à coup
au passage d’un camion bleu
le bruit de cette course sourde
cette armée sans visages
poursuivant le regard effrayé
de celui
qui te saluait quotidiennement
lors de ta routinière promenade matinale
dans les bougainvilliers du voisinage

au détour d’un champ de manioc
où tu t’étais égaré
tu as vu
ce que tu ne devais pas voir
les maisons – bangas, cabanes, tôles et torchis, enclos, feux, bassines
le linge étendu dans les buissons
– parfois un câble électrique
alimente ce village improbable
ayant poussé en pleine campagne –

tu n’oublieras pas les bébés
te montrant du doigt
puis te souriant
devant ton désarroi
à retrouver ta route
ces femmes qui s’arrêtent un instant de laver leur linge à la rivière
pour te saluer
sans parler français
en shikomori
elles disent à leur mari de te reconduire au village
– celui de la lumière
et de la légalité,
car ici n’existe pas –

alors ce guide improbable enfile sa chemise,
vous descendez le cours de l’eau
-quelle idiote tu es, il te suffisait de suivre la rivière
pour retrouver la ville-
il te laisse à l’orée
de la brousse
vous vous serrez la main
Maharaba Mogne

tu repars
sur ton chemin
le bon chemin ?

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